Lundi 11 août 2008
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Il y avait une fois un savoyard , doté d'une tripotée d'enfants . Il n'avait rien à leur donner à manger alors sa femme
lui déclara : " - Il faut partir gagner ta vie et celle de tes enfants " .
Alors l'homme partit en pleurant. Peu après une bonne dame s'enquit de la cause de son chagrin. Il lui répondit tout simplement :
" - J'ai une nombreuse famille et n'ai rien à leur donner à manger .
- Suivez - moi , répliqua la bonne dame . "
Il obéit , et elle l'envoya travailler dans le grenier . Mais il lui était impossible de faire quoi que ce soit tant il pleurait. Les larmes l'aveuglaient. Il redescendit en pleurant :
"- Il ne faut plus pleurer , lui dit la bonne dame . Je vais te donner un bâton. Et si quelqu'un t'attaque en route , il te suffira de dire "Mon bâton , defends-moi ! ".
Justement , à peine sorti de chez la dame , il fut attaqué par des voleurs . "Mon bâton défends - moi ! " cria t'il .
Le bâton, sur le champs, se mit à rosser vigoureusement les voyous , qui s'enfuirent sans insister . L'homme , tout guilleret , entra dans une auberge où il raconta l'histoire de son bâton
qui l'avait défendu. L'aubergiste demanda à voir ce bâton magique . Et , en douce , il changea le bâton magique contre un simple bout de bois . Rentré chez lui , l'homme voulut montrer à sa femme
les pouvoirs du bâton.:
"- Mon bâton , défends-moi !
Mais le bout de bois de l'aubergiste ne bougea pas , bien entendu et la femme se mit à gronder :
- Tu es devenu fou ! qu'est ce que tu veux faire avec un bâton ? C'est pas un bâton qui nous donnera à manger!"
Alors l'homme repartit et se remit à pleurer . La bonne dame , à nouveau rencontrée , lui demanda la raison de ce torrent de larmes . Mise au courant , elle l'emmène chez elle et lui donne cette
fois une grosse bourse en lui expliquant : " - Quand tu rentreras chez toi , tu n'auras qu'à dire "<Bourse , ouvre-toi! " et des écus se répendront sur la table . " L'homme s'en va , et il a
la sottise de repasser par la même auberge , dont le patron s'empresse de subtiliser la bourse , comme il avait fait pour le bâton. Revenu chez lui avec une bourse toute bête , elle ne
s'est pas ouverte , et pour cause ! Cette fois , sa femme entra dans une violente colère et se mit à battre le pauvre benêt : "- Tu te moques de nous , paresseux ? " alors il est encore reparti
en pleurant , comme de bien entendu , et il a la chance de rencontrer encore la bonne dame , qui a tout de suite compris qu'il s'était fait volé . Compatissante , elle lui donna un autre bâton en
lui recommandant cette fois : "- Tu vas aller dans la même auberge , et tu diras comme çà : " Mon bâton, fais-moi rendre ma bourse ! ". Et tout se passa fort bien. Le bâton se mit à taper
l'aubergiste qui prit peur et rendit la bourse ainsi que le premier bâton. Une fois rentré chez lui tout regaillardi , il n'eut qu'à dire : " Bourse , ouvre-toi ! " pour que les écus se
répandissent sur la table . Chaque fois que la famille avait besoin d'argent , le miracle se reproduisait . Quant aux deux bâtons, il en prit toujours un avec lui , et comme c'était un brave
homme , il donna le deuxième à sa femme .
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