Bonjour et bienvenue à Annecy
" Les grands boeufs ne font pas les grands labours "
Proverbe savoyard
Annecy, ma ville a terminé à la 9ème place au concours du plus beau blog organisé par AnnaK
Bien avant que le château de Montmayeur ne soit occupé par les nobles seigneurs du nom, il y vivait un fort riche
châtelain avec sa femme et sa fille douée d'une grande beauté et pourvue de nombreux prétendants . Le père cependant , ne tenait pas à se séparer de cette enfant qui faisait la joie de son coeur
et de ses yeux . Aussi, pour décourager les éventuels fiancés, imagina t'il de promettre d'accorder la main de sa fille à celui qui lui amènerait un carrosse en or : une merveille décorée et
tirée par quatre palefrois d'une blancheur immaculée.
Trois frères sincèrement amoureux , rêvaient de découvrir la voiture féérique . Les deux aînés , orgueilleux et méprisants , furent promptement éliminés de la compétition par la fée
protectrice de la jeune fille . Le troisième frère , alors que , découragé et bredouille il revenait chez lui , croisa une pauvre vieille femme et lui adressa courtoisement la parole en
accompagnant ses mots d'une bourse rondelette . Arrivé en face de sa demeure , il vit , devant le pont-levis , le carrosse tant convoité ! Envahi par la joie, il grimpa aussitôt sur le siège du
cocher et fit claquer le fouet pour galvaniser les nobles bêtes. Peu après, il rencontra un homme , paraissant épuisé . Il l'invita à monter , et son passager lui apprit que son ouïe était si
fine qu'elle lui permettait d'entendre lever l'avoine semée au matin. Amusé , le jeune homme invita de même un pauvre hère qui assurait ne pas avoir mangé depuis un siècle entier , et enfin
un autre dont la soif était si ardente qu'il prétendait pouvoir boire le contenu du canal de Savière .Presque parvenu au pied du château de sa belle , il prit encore soin de ne pas écraser une
cane et ses canetons . Le père de la demoiselle ne tint pourtant pas sa promesse . A moins lui dit -il avec un sourire ironique "que ce jeune homme n'entende le secret que je vais confier à
l'oreille de mon épouse !" On s'en doute l'homme à l'ouïe prodigieuse perçut la moindre parole du seigneur . Moins souriant et moins ironique , celui-ci proposa au deuxième homme de dévorer
tout le pain du château ... L'homme affamé depuis tant d'années ne fit qu'une bouchée des multiples miches ainsi que des vieux croutons et des pains dorés tout chauds sortis du four . Le seigneur
ne souriait plus du tout et ronchonna : "Si l'un de vous peut boire tout le vin des sartos du pays ..." A peine eut-il le temps de finir sa phrase que le troisième homme assoiffé avait asséché
tous les sartos de la région. Le seigneur pensait avoir encore un atout à jouer : " me voilà bien obligé de vous donner ma fille mais hélas , j'ai perdu dans l'Isère la clef de la salle au trésor
où elle est enfermée ..." Le jeune soupirant commençait à désespérer lorsqu'il entendit un joyeux concert de "coin-coins" : c'était la cane qui arrivait tenant la clef dans son bec !

